RAIMBOURG Frantz-Minh : Balade vietnamienne. Partie 4. Nguyên Lê.

Balade vietnamienne. Partie 4. Nguyên Lê.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Nguyên Lê est né à Paris. Depuis ses débuts avec le  groupe de jazz-afro caraïbéen Ultramarine en passant par sa collaboration avec l’Orchestre National de Jazz et ses  hommages à Jimi Hendrix ou au Pink Floyd, son  long parcours est déjà reconnu de tous.
Il revient avec un nouveau projet cette fois avec le multi instrumentiste Ngô Hông Quang.
New Morning. Mars 2017. Avec Paolo Fresu. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)
New Morning. Mars 2017. Avec Paolo Fresu. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

New Morning. Mars 2017. Avec Paolo Fresu. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

Je suis arrivé assez tard vers le jazz. A l’adolescence,  j’étais surtout attiré par l’énergie et l’électricité de groupes de rock comme Deep Purple. Son retour musical vers le « petit Dragon asiatique » commencera donc plus tard. Il attend d’avoir acquis une certaine maîtrise du langage du jazz  pour commencer à travailler sur ses racines. Avant mon premier CD avec la chanteuse Huong Thanh, il y a eu ce que j’appellerai des essais. Dans un des disques d’Ultramarine (« E si mala »), je jouais un morceau du nom de « Vent d’Automne ». J’avais demandé à ma mère de déclamer le texte de cette berceuse traditionnelle et moi je jouais la mélodie à la guitare.
L’Orchestre National de Jazz mais surtout Ultramarine, c’était l’école du rythme, la mise en place du tempo, toute une rigueur rythmique qui m’a permis d’essayer d’enrichir ou de relire la musique vietnamienne avec d’autres traditions musicales, en particulier africaine.
Grâce au grand spécialiste du jazz André Francis, il monte un projet pour le festival « Présence 95 » avec l’idée d’avoir un orchestre et de trouver un équilibre entre l’héritage et la modernité. J’avais envie que le chant traditionnel soit vraiment mis en valeur et qu’il puisse y avoir dans la composition des moments d’improvisations aussi fortes et intenses que dans un concert de jazz. Je voulais que mon écriture, mon travail de compositeur et d’arrangeur mettent en valeur les deux parties d’une manière équilibrée et cohérente. Cela n’a pas été facile au début mais c’est devenu vite fascinant quand j’ai trouvé les musiciens et que j’ai pu voir comment chacun apprenait de l’autre.
Mon Viêtnam, c’est celui d’une rencontre et non celui d’une tradition… Il y a un constat de base, c’est le fait que je sois né en France. Cela conditionne tout le reste de ma trajectoire d’individu et d’artiste.
Il rencontre Huong Thanh lors d’une fête dans un lieu parisien. Pendant un peu plus de dix ans, la chanteuse et le guitariste feront paraître cinq albums (Sous le label indépendant allemand ACT) et  donneront de nombreux concerts à travers le monde. La première galette née de notre collaboration (« Tales of Viêtnam ») dégage une sorte d’énergie assez brute. Cet opus est déterminant pour moi. Il y a un avant et un après. C’était une manière d’exprimer à mes ancêtres ma vision de leur culture.
Balade vietnamienne. Partie 4. Nguyên Lê.
Balade vietnamienne. Partie 4. Nguyên Lê.
En 2009, ce sera la parution de « Saiyuki » ou « Chronique du Voyage vers l’Ouest », disque transasiatique subtil et inspiré, avec la Japonaise Mieko Miyazaki au koto et le virtuose Prabhu Edouard aux tablas.
Avec Huong Thanh, je travaillais avec des vietnamiens résidant en France (Viêt kieu). Depuis 2011, je suis invité régulièrement là-bas pour travailler avec des musiciens, entre autres les chanteuses populaires qu’on appelle les « 4 divas » (Thanh Lam, Hong Nhung, Trần Thu  et Mỹ Linh) ou le  « pop singer » Tung Duong
Photo: Dong Phung.

Photo: Dong Phung.

Photo: Dominique Borker.

Photo: Dominique Borker.

Dans « Hà Nôi Duo » (ACT), il mêle sa guitare électrique aux instruments à cordes de Ngô Hông Quang. Ce dernier a étudié la musique de ses ancêtres au Conservatoire de Hanoï avec les méthodes d’apprentissage occidental. Je l’ai rencontré il y a quelques années lors d’un concert à Saigon (HCMC). Il habite maintenant à Amsterdam et parle très bien anglais, ce qui  a facilité notre envie de travailler ensemble. C’est un virtuose insiste Nguyên Lê, il porte notre culture d’une manière très profonde… Mais il est jeune, ouvert sur le monde et a une envie insatiable d’apprendre. Il peut jouer de la musique contemporaine autant sur son Đàn bầu, sa vièle à deux cordes đàn nhi que sur ses flûtes et guimbardes. Nos parcours sont bien entendus différents, mais nous avons le même but commun : partager l’identité du Viêtnam d’aujourd’hui en y apportant à la fois les racines et un avenir. Dans ce nouveau projet, il y a des compositions traditionnelles du nord du pays et d’autres écrites par l’un de nous deux. Et comme le guitariste invite depuis longtemps ses amis musiciens sur scène comme sur CD, il était donc normal qu’on retrouve Mieko Miyazaki, Prabhu Edouard ou encore le trompettiste sarde Paolo Fresu.
                                           Entretien réalisé par Frantz-Minh Raimbourg.

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