Pierre D’Hérouville: Hommage du quai Branly à Charles Duvelle

breve

Hommage du quai Branly à Charles Duvelle : Paris 25 mai 2014

 

 

charles_duvelle_3


Photo Michael Baird

Dans le cadre de ses animations ouvertes au public, le musée du quai Branly propose une rencontre intitulée De la collecte à la publication des musiques de tradition orale, autour du musicologue Charles Duvelle, le 25 mai 2014 à 17h30. L’évènement fait suite au don fait au musée, courant 2013, d’une soixantaine de ses films inédits, tournés entre 2000 et 2012. Sans verser dans la réunion d’anciens combattants, le journaliste Pierre Cuny entreprendra de décrypter avec lui l’ADN ignoré de l’ethnomusicologie « à la française ».

Précisément, Duvelle se défend d’être ethnomusicologue. Pianiste élevé au Cambodge, il aime à rappeler comment, à l’exemple de la tarte Tatin, les campagnes OCORA (Office de Coopération Radiophonique) furent inventées inopinément, à la faveur d’une coupe budgétaire dans les années 1960 à la Société de Radiodiffusion de la France d’Outre-mer (SORAFOM). L’homme se découvrira une vocation pour les terrains sub-sahariens, puis pour bien d’autres pays du monde.

Toute une profession, alors en friche, à imaginer. Sa méthode était imparable. « Ni repérages, ni essais. J’arrive sur les lieux, je tente de me faire oublier. […] C’est au retour que je fais le tri, lors du montage. » Songhaï. Haoussas. Zarma. Touarègues. Maures hypnotiques… Prises profuses qui couronnaient ses intuitions aiguës. Des choix parfois guidés par la seule centration, et qu’il ambitionnait simplement de partager dans leur contexte et leur durée originale.

Fasciné par les voix, Charles Duvelle s’attache au sens premier de la performance, éventuellement à sa technicité, plutôt qu’à l’ethnologie cognitive. Traquant le geste musical, son approche intuitive posait les bases d’une pédagogie pour la génération suivante. Dans l’intarissable Aux sources des musiques du monde : musiques de tradition orale (Editions UNESCO, 2010), son témoignage prime explicitement sur l’analyse systémique.

Le parti pris tribaliste des collections Ocora et Prophet raconte le monde tel qu’il était à la décolonisation. Du propre aveu de Duvelle : « Au début, ces disques ne se vendaient pas. Ils étaient destinés à servir de cadeau de fin d’année aux chefs d’État africains ». Cinquante-cinq ans et des centaines de disques plus tard, son succès indéniable est d’avoir changé notre regard sur ces civilisations. Il mesure aussi la célérité ébouriffante de notre époque.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

http://www.akhaba.com/actu/breve/22052014/1143-hommage-du-quai-branly-charles-duvelle

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s