Jour : 25 juillet 2016

TRAN QUANG HAI : court aperçu de la musique traditionnelle du Vietnam

Court aperçu de la musique traditionnelle du Vietnam.

La musique vietnamienne a une histoire qui remonte à l’époque ancienne. Cet art joue un rôle important dans la vie des Vietnamiens; chaque fête ou célébration est animée par un instrument différent.

La musique sert à exprimer les sentiments les plus profonds. Les rythmes et les refrains servent à motiver au travail et dans les luttes quotidiennes en plus de contribuer à l’éducation des enfants selon la tradition et le sentiment national. La musique aide à communiquer avec la vie spirituelle et à atteindre un idéal.

Les instruments les plus simples et primitifs ainsi que les plus sophistiqués ont été préservés et composent aujourd’hui un véritable trésor musical. Une variété de chansons et de musique font partie de la tradition culturelle vietnamienne. Il s’agit entre autres de berceuses et de chansons pour enfants ainsi que de chants pour les rituels et les festivals. Le patrimoine compte des charades, des mélodies, des poèmes et des déclarations amoureuses en chansons. Certains airs sont exécutés par des groupes et d’autres accompagnent les pièces de théâtre.

Les événements historiques ont grandement influencé la culture vietnamienne avec l’intégration de différents genres musicaux. Les mélodies appartenant au même genre musical varient beaucoup entre elles et entre groupes ethniques. Par exemple, les berceuses des Kinh diffèrent beaucoup de celles des Muong.

La musique traditionnelle a joué un rôle important dans la vie des Vietnamiens. De nos jours, elle occupe encore une place importante dans leur vie spirituelle. Certains genres font toujours partie de la vie culturelle des régions rurales. D’autres sont reproduites afin de répondre à la demande du public.

 

Biographie :

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TRAN QUANG HAI

 

Né le 13 mai 1944, à Linh Dông Xa (Gia Dinh), Sud Viet Nam , Trân Quang Hai est à la fois musicien accompli, éminent ethnomusicologue, pédagogue, conférencier, compositeur, coureur de la planète sonore, membre du Centre National de la Recherche Scientifique, et le plus grand spécialiste du chant diphonique dans le monde.Tel est le protéiforme de Trân Quang Hai. Il a choisi de suivre son père sur les traces de la reconnaissance scientifique. De la musique et de l’étude, de l’Orient et de l’Occident, il a créé un mélange à sa manière toute personnelle, emprunte d’humour et de conscience profonde de ses responsabilités.

Ancien élève du Conservatoire de Musique de Saigon (1955-1961), il est diplômé du Centre d’Etudes de Musique Orientale de Paris en 1970.

De famille de musiciens traditionnels depuis cinq générations, il joue d’une quinzaine d’instruments de musique : cithare à 16 cordes (dàn tranh), vièle à 2 cordes (dàn co), cliquettes à sapèques (sinh tiên), guimbardes (dàn môi), cuillers (muông) pour le Vietnam ; vièle à 2 cordes (nan hu) pour la Chine ; tambour à 1 peau (zarb) pour l’Iran ; luth à 4 cordes principales et 3 cordes rythmiques (vina), luth d’accompagnement à 4 cordes (tampura) pour l’Inde ; violon, guitare, mandoline, banjo, flûte à bec, différentes guimbardes d’Europe et d’Asie.

Ses études sont approfondies et variées. Il faisait ses études à différentes universités : Institut de Musicologie, British Institute, Institut d’Ethnologie, Ecole du Louvre, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Laboratoire d’Acoustique Musicale.

Depuis 1968, il travaille comme chercheur du CNRS au Département d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme. Entre 1968 et 1987, il travaillait au Département d’ethnomusicologie du Musée National des Arts et Traditions Populaires à Paris.

Pendant presque 45 ans de carrière de musicien professionnel (1962-2005), il a donné plus de 3.000 concerts et un millier de concerts scolaires dans le monde

Depuis 1971, il a fait 15 disques microsillons 33 tours et 8 CD sur la musique vietnamienne. Plusieurs de ses compositions ont été enregistrées et mentionnées dans le Who’s Who in Music (1998, 1999, 2000, 2001, 2002), dans le Who’s Who in the World (depuis 1981) et dans le Who’s Who en France (depuis 1997).

Trân Quang Hai est le premier musicien vietnamien à jouer dans plusieurs événements historiques : Bicentenaire d’Australie (1988), Bicentenaire de la Révolution Française (1989), 700 ans de Suisse (1991), 350 ans de Montréal, Canada (1992), 500 ans de la découverte d’Amérique par Christophe Colomb (1992), 600 ans de Seoul, Corée (1994), Jubilée du Roi de Thailande (1996).100 ans d’indépendance de la Norvège (2005)

Il est un des rares musiciens d’avoir participé à plusieurs Fêtes de la Musique (depuis la 1ère Fête de la Musique en 1982 , puis en 1984, 1985 à Paris , en 1991 à Saint Denis – Ile de la Réunion , en 2000 et 2001 à Paris, et la 21ème Fête de la Musique en 2002 à Beyrouth – Liban) Il est le seul musicien à interpréter plusieurs oeuvres musicales des compositeurs de musique contemporaine comme Nguyên Van Tuong, Bernard Parmegiani, Nicolas Frize, Yves Herwan Chotard, et aussi de la musique de film écrite par Vladimir Cosma, Philippe Sarde, Maurice Jarre, Gabriel Yared, et Jean Claude Petit.

Ses recherches sur le chant diphonique depuis 1969 lui ont donné le titre du plus grand spécialiste de cette technique vocale si singulière avec plus de 8.000 stagiaires des 60 pays dans le monde, le Prix Spécial du chant diphonique Khoomei à Kyzyl (Tuva, 1995), la Médaille de Cristal du CNRS en 1996 et la Médaille du Chevalier de la Légion d’Honneur en 2002 .

Pour mieux connaître Tran Quang Hai, visitez son site : http://tranquanghai.com

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Bach Yen bio (Français)

Bach Yên, Blanche Hirondelle, est née dans le delta du Mékong (Sud VietNam). Elle débute très jeune comme chanteuse de variétés internationales )Saigon, chantant indifféremment en six langues (Vietnamien, Français,Anglais, Espagnol, Italien, Hébreu). Devenue célèbre, elle gagne Paris en 1961 pour chanter « à la Piaf » mais la maison Polydor qui la prend sous contrat préfère qu’elle se lance dans le twist sentimental à la mode dans les années sixties.

Trois disques et plusieurs scopitones témoignent de ce premier séjour en Europe qui comporte par ailleurs une tournée en Belgique, Allemagne et Autriche.

En 1965, elle traverse l’Atlantique sur l’invitation d’Ed Sullivan pour paraître dans son TV Show (émission nationale la plus regardée (plus de 30 million spectateurs) aux Etats-Unis). L’Amérique la retiendra longtpemps car les deux semaines prévues se transforment en un engagement de douze ans.

Sa notoriété grandissante lui permet d’y faire d’autres émissions de TV avec Bob Hope, Bing Crosby, Joey Bishop, Mike Douglas, Pat Boone, etc… et de se produire dans 46 états des aux côtés de Jimmy Durante, Liberace et Frankie Avalon.  Etats-Unis, Canada, Mexique, Caracas (Venezuela), Bogotá (Colombia), l’Amérique du Sud, Panama, Curaçao.

Hollywood fait aussi appel à Bạch Yến pour chanter dans le film « Les Bérêts Verts » (The Green Berets) joué par John Wayne.

Les retrouvailles de Bạch Yến avec Paris en marquent un tournant décisif dans sa carrière. Elle y rencontre Trân Quang Hai, musicien et ethnomusicologue qui réussit à la convertir à la musique traditionnelle vietnamienne. C’est l’éclosion d’un autre talent ignoré.

En sa compagnie, elle a donné plus de 3.000 concerts sur les cinq continents.  Ensemble, ils ont fait 7 disques 33 tours dont l’un, édité en 1983, remporte le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros, et maintenant, evidemment un CD.

Ambassadrice fervente et talentueuse de la musique vietnamienne, Bạch Yến compte parmi les plus grandes figures de la chanson aussi bien moderne que traditionnelle.

 

 

 

 

Programme

MUSIQUE ET CHANTS TRADITIONNELS DU VIETNAM

Avec  TRAN QUANG HAI & BACH YEN

Ce concert commenté sera présenté par Tran Quang Hai & Bach Yên. Des chants liés aux faits et gestes de tous les jours (berceuse, chants d’amour, chants de travail) s’intercalent avec des instruments de musique tels que cithare à 16 cordes dàn tranh, vièle à 2 cordes dàn co, cliquettes à sapèques, cuillers, guimbardes .

 

TRAN Quang Hai (France): Westernization and Modernization of the Gongs of the Highlanders of Central Vietnam: Are They Good for the Development of Their Music in the Globalization of World Music

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Gong ensemble of the Highlands in Vietnam

Gong culture developed from cultures of ethnic brass (which represents a bronze drum was born 3000 years ago) is the art form associated with the cultural history of ethnic minorities living along the Truong Son in the Highlands. Previously, there were some books written by Western scholars about the gongs of Vietnam, but mainly on the aspect of cultural anthropology , rarely mentioning the musical aspect , except one important article written by Jacques Dournes among the Jarai music. In Vietnam, Prof. To Ngoc Thanh has written many important articles about the gongs of the Highlands. However, so far in the country is a synthesis of all the orchestra of gongs minorities. From there to get a comprehensive view about the gongs, we have noticed that the  Central Highlands gongs have a special value of the richness of a great variety of gongs and a bigger number of gongs than any other countries in South East Asia .But there are not a single Ph.D. dissertation on Gongs in Vietnam , while in Indonesia and the Philippines, we can find many researchers who have written theses, and important articles on gongs. After a long time almost sunk into oblivion, thanks to the recent attention of central government and localities, the contributions of older artists, younger artists have preserved a sense of capital equity, as well as researchers, a full profile in English of gongs of Vietnam have been published. In comparison with records of previous royal court music, the gong documents are not inferior in terms of material filled with images, sounds, new records …

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Bùi Trọng Hiền, a Vietnamese researcher

The important work elaborated in the Western scientific method by Bui Trong Hiên on Gongs of the Highlands has revealed the characteristics of gongs that we cannot find in other countries. His written document contributed largely to the report to obtain the nomination of the UNESCO world intangible cultural heritage in 2005.

Ethnic Highlands has two primary types of gong : công – gong made of bronze with a knob in the middle, and chiêng – flat with no knob
Gong instrument makes not only music for entertainment, but also for festivities or an important event.  Gong is considered as a sacred object, a means for people to interact with the deities. The music here is not merely a function of art but it aso  serves a special event in the society in everyday life.  Music is heard from the cradle to the grave. New child birth at the villagethe old man struck the oldest gong to the ears of the child to let him hear the first sound of the gong which was considered as part of the tribal community. When children grow up, each stage of life was associated follow gongs, from sowing to farming , from wedding to funeral, etc…

While other gong countries almost fixed in a system (such as Indonesia, including five kinds of musical instruments) ,the Central Highlands gongs are diverse. Gong orchestra can simply include 2 gongs or up to 9,12,and 15, depending the formation of the ensemble for specific events. During the festivities,  there are more important  gong ensembles with drums and cymbals.

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Javanese Gamelan (Indonesia)
If the gong orchestra in other countries, such as in Gamelan(Java), Gong Kebyar (Bali) or Kulingtan, (Mindanao, the Philippines), musicians always sit down in front of gongs. The Vietnamese Highanders hit gongs when moving around and the movement backward and forward of the body .
There are sophisticated techniques that a normal person hardly know how to perform.
The name of the gongs was also very rich, based upon the instrument emits sound. Most of the low gong sound emitted – which is basically sound – called « mother. » In the orchestra are from 9 gongs or higher,  there is  « father »gong next to  « Mother »gong, followed by a “child”gong, “grand child” gong .The order of gongs gives the first place to “mother”gong followed by the “father” gong . This justifies the matriarchy in the system of family of the Highlands.

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Gong master retuned a gong
Every tribe in the Central Highlands has a very specific sound adjustment, not the difference in pitch, but also in sound color. To create a delicate beauty of the sound color a gong musician must have a refined ear to adjust the pitch accurately .Unfortunately , the number of such musicians is very few left.

In short, not a country or region in South East Asia has the big number of gongs like in the Central Highlands of Vietnam. Only four provinces in Dac Lac, Pleiku, Kontum and Lam Dong provinces, with nearly 20 ethnic minorities, possessed more than 6,000 gong ensembles at the beginning of the 20th century. With the time, many gong ensembles were lost.

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Gong ensemble modified by the youngsters

Other gong ensembles used by the youngsters  are re-tuned according to the Western scale in order to perform Western melodies.In addition, the old and precious gong ensembles with  high commercial value were sold to foreign tourists by the poor tribal families .

 

Nowadays, most new gongs are purchased in Cambodia and Thailand and are brought back to Vietnam and are adjusted according to the musical scale of each tribe. Presently, we can count 2,000 new and old gong ensembles in the Highlands, in a word only one third left in comparison with the 6,000 gong ensemble 100 years ago . It is a very alarming loss.

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Gong performance on the stage

The presence of new imported gongs, the show performances on stage, in different festivities for tourism, the shows abroad at different music festivals, the transformation of new style of costumes that makes the recognition of each tribe impossible, the new music and dances, the gathering of many gongs in one set for new music, all these  are gradually destroying the authenticity of traditional gong music of the Highlands .

 

The UNESCO recognized the Central Highlander Gong Ensemble as a Masterpiece of the Oral and Intangible Heritage of the Humanity in November 15, 2005.

http://www.vietnam-beauty.com/vietnam-world-heritages/oral-and-intangible-cultural-heritage-of-humanity/10-oral-and-intangible-cultural-heritage-of-humanity/13-the-cultural-space-of-gong-in-the-central-highlands.html

According to the UNESCO, a “masterpiece” must not be allowed to change. Therefore, for the Westernized development and the modernization of the Gong Ensembles of the Central Highlands, it is very careful not to let the “innovation” as a metamorphic traditional art of the nation, but this Gong tradition should be preserved carefully in order to remain the authentic treasure of the humanity.